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Des héros (suite)

Quand la « pauvre » famille de Johnny se dispute la dépouille du héros, des personnels de l’hôpital de Pontarlier où exerce en tant qu’infirmière, la mère de Maëlys (fillette assassinée cet été) offrent de leurs heures de travail pour permettre à leur collègue de prendre un congé et de se reconstruire.

L’argent ou le cœur, la bourse ou la vie, et même, le talent ou l’attention à l’autre ! Une société choisit ses héros et donc ses valeurs. Et si la République s’avisait qu’il y a quelque chose de pourri dans son royaume où la grandeur arrogante des « gagnants » désespère les gens dits « de rien » ?

Car les « gagnants » – dont on voudrait faire des modèles – n’apportent pas ce qu’on appelait autrefois « un supplément d’âme », ni – pour reprendre Sophocle cité par Ricoeur – une « timide espérance ».

Et faut-il ajouter que l’argent, qui confirme la réussite, a vite fait de révéler la plaie qu’il ne fait qu’ajouter à celle qu’il était censé guérir. On ne soigne le manque d’amour que par le soin de soi dans le soin qu’on porte à l’autre, et pourquoi parler d’éthique ou de charité, quand il s’agit de dépasser – difficilement il est vrai – l’égoïsme infantile de tant de pseudo héros ?

17 février 2018